vendredi 24 octobre 2014

Jour J44 - Etape 34

Ve 24.10.2014
☀ 
Taller - Dax - 24 kms - 5h50.

Dernière étape dans la forêt landaise.
La civilisation va revenir au galop.

Départ donc à 8h15, mais ce matin il fait semble-t-il moins frais, sans doute, parce que le gîte était moins froid que le mobil-home.

J'emprunte donc pour une dernière fois cette piste forestière, direction Dax. Il s'agit en effet de l'ultime ligne droite.



Toujours autant de plaisirs pour le regard, avec les éclairages du matin. Puis les odeurs d'aiguilles de pins sur le sable encore humidifié par la rosée du matin se signalent à mon sens olfactif .


Plus tard à la sortie d'une partie boisée, j'ai la chance d'apercevoir,  dans un immense champ de maïs,  récemment récolté, tenez-vous bien, sept chevreuils qui prenaient plaisir à gambader sur leur terrain de jeu.


Mais à ma vue, ces joyeux lurons, ont fait d'élégants bonds pour rejoindre leur refuge naturel : la forêt.

Une fois remis de mes émotions,  je lève un peu plus le nez et je vois, au loin, sur l'horizon,  se dessiner les premiers contours des massifs Pyrénéens.

Je laisse éclater ma joie.... Je peux, je suis seul!!!!

Mais je dois reprendre mes esprits et poursuivre jusqu'au hameau de Pouymartet où je vais faire ma pose pour me restaurer et une petite sieste.
Là se trouve un très joli moulin.




Vers 13h je reprends le chemin et rencontre dans ce désert de sable et de pins, des petits ruisseaux.

D'ailleurs,  dans les dépliants touristiques, il est fait mention qu'ici "les sources coulent de source".

Mais, tout à une fin et 2 kms avant St Paul les Dax, comme pour refamiliariser le pèlerin avec le monde moderne,  je chemine tout d'abord sur une route goudronnée. Puis petit à petit les voitures encombrent la route. Puis les bouchons apparaissent à l'entrée de la ville.

Je me rends par de petites rues de quartier, tout d'abord, au plan d'eau du quartier thermal,



avant de rejoindre son église dont l'abside est du XIème siècle et avec son imposante tour- cloche qui fait également office de porche.




Puis direction Dax, ou je dors à l'hôtel du centre 6 cours Joffre. Cela ressemble plus d'ailleurs à une pension de famille accueillant principalement des curistes et à l'occasion des pélerins.

Il faudra monter au 3 ème étage, sans ascenseur. Après une bonne douche, visite de la ville.

Dax ville de tauromachie,  avec ses arènes.




Dax ville thermale où les romains ont apprécié en leur temps les sources chaudes, celles de la Néhe qui sortent à 64 degrés en pleine ville.




Une légende raconte qu'un légionnaire en garnison à Dax avait un chien perclus de rhumatismes. Il se résolut à l'abandonner au bord de l'Adour. Quand le légionnaire revint,  il eut la surprise de retrouver son chien revigoré par les bienfaits de la boue déposée par le fleuve. Le thermalisme était né.

Visite également de la cathédrale Ste Marie neo-grec du XIX siècle, suite à l'écroulement de l'édifice gothique en 1646.




jeudi 23 octobre 2014

Jour J43 - Etape 33

Je 23.10.2014
☀ 
Onesse-et-Laharie - Taller - 25 kms - 5h15.

Dès hier soir la fraîcheur automnale se fait sentir, et malgré ma polaire, pas question de manger dehors.

Cette nuit, j'étais bien dans mon duvet qui est fait pour supporter - 5 degrés. Au réveil,  les murs suintent et il ne doit pas faire plus de 10 degrés à l'intérieur du mobil-home.

Quelle chaleur lorsque l'on sait que la météo annonce 4/5 degrés à 7h à l'extérieur.

Donc le départ se fait un peu plus tardivement, pas très courageux que je suis, de me lancer dans cette grande fraîcheur matinale, alors que les rayons du soleil ont l'air de flemmarder, de l'autre côté de notre bonne vieille terre.


Dès la sortie d'Onesse, je file dans la forêt de pins, par des pistes sablonneuses et sinueuses, ce qui les rend très charmantes.

Le soleil aime se glisser entre les jambes de ces géants de la forêt,  comme si ses rayons jouaient à cache-cache.


Ce matin, les fougères sont couvertes d'une petite gelée matinale, ce qui, avec le soleil, semblent les parer d'un voile de bijoux qui brillent de mille feux.


Même les plantes ont pris les tenues d'automne en mettant le voile comme pour se protéger du froid matinal.


Comment décrire cette première partie de l' étape, sans utiliser des superlatifs qui vous sembleront sans doute exagérés, mais qui reflètent le plaisir que j'ai à marcher depuis 4 jours dans cette forêt landaise.

C'est exquis (et pourtant il n' y a pas de neige) jubilatoire, un vrai régal, une jouissance, une gourmandise dont on ne se sent jamais rassasié.

Quand j' ai fait mon paquetage, voici déjà plus d'un mois et demi, j'ai essayé de penser à tout, notamment aux problèmes de santé.  Pour éviter ou soigner les déchirures musculaires, j'ai pris les médicaments adéquats.

Mais je n'ai pas pensé à ce genre de déchirures.....


Je veux éviter d'attraper un rhume du séant qui dure 107 ans et un carême.
Je n'ai pas trop de solutions,  attendre le réchauffement climatique, ou une aimable couturière qui voudra bien me faire une reprise sur le bord du chemin (mais je ne croise personne).

Voilà déjà trois heures que je marche et je sors de ma forêt pour rentrer dans le petit village de Lesperon. J'en profite pour déjeuner et refaire mon plein d'eau, pour la seconde partie du parcours.



Hélas, à la sortie du village je dois reprendre le bitume sur 7 kms avant d'empruner à nouveau  les pistes sablonneuses pour finir les 4 derniers kms et retrouver, cette si agréable solitude, où le monde semble être là que pour moi.



Erreur... des milliers de pèlerins sont déjà passés par là, depuis le XIème siècle,  pour se reposer ici,la preuve :





Mais, moi, contrairement à eux, je suis prêt à marcher quelques kms de plus pour me reposer, mais dans un bon gîte, même communal, qui m'offre une bonne douche bien chaude pour me délasser.

Je vais donc aller jusqu'à Taller et trouver l'abri pélerin communal sur la place du village, près du seul Bar-Epicerie.





mercredi 22 octobre 2014

Jour J 42 - Etape 32

Me 22.10.2014
☀ 
Labouheyre - Onesse - 26 kms - 6h30.

Départ à 8h15, et dès la sortie de Labouheyre je prends l'autoroute....plus exactement, je prends la route de service qui longe l'autoroute et ce sur 10 kms.


Certes, j'ai l'avantage de ne pas la payer. Les panneaux me disent de ne pas dépasser les 130 kms/h, ce que j'essaye de respecter.

Par contre je profite de tous les "plaisirs" de l'autoroute, toujours de longues lignes droites, le maximum de bruit fait par les 6 voies de circulation, l'atmosphère de gaz brûlé...

Heureusement, pour rompre la monotonie du trajet, je reçois un coup de fil, (seule entorse au monde moderne....) de ma chère et tendre cousine Marie-Christine avec qui je discute avec d'autant plus de plaisir que je ne vois pas les kms défiler.

Vous allez me dire on ne téléphone pas en marchant, sur l'autoroute, c'est passible d'une amende et c'est dangereux (s'il venait un pèlerin en face....).

Pour les pèlerins, nous allons tous dans le même sens...

Par contre, et j' en fais l'expérience, téléphoner en marchant risque en effet de me faire rater des changements de direction, mais là pas de risque c'est vraiment tout droit.

Et comme, les concessionnaires de l'autoroute sont très prévenants, ils me signalent la sortie à 2.000 mètres, par un panneau immense, sans doute parce qu'ils savent que la vue chez les personnes âgées tend à baisser avec le poids des ans, et ce afin que je ralentisse mon allure, pour ne pas la rater.

C'est gentil, mais je ne vais pas m'exécuter une demi-heure avant.

Et sur cette autoroute, ils me confirment toujours en très grand, comme si le passage à la fontaine St Clair n'avait pas porté ses fruits ( voir ce que j'ai écrit hier sur les miracles possibles à cette fontaine) que je suis bien sur le chemin de Compostelle.


A moins que ce panneau s'adresse aux automobilistes et aux routiers qui sont comme tout le monde le sait " très sympa " puisqu'ils n'hésitent pas à jouer du klaxon ou du tromblon pour m'apporter leurs encouragements.

Enfin donc au bout de 10 kms, j' oblique à 45 degrés à droite pour enfin m'enfoncer dans la forêt de pins.



Il me faudra 4 à 5 kms, pour retrouver le calme, la douceur, les odeurs de bruyère et de pins chauffés par les rayons de soleil.

Ça y est je suis seul, enfin seul, loin de tout, quel delice !!!


J'atteinds les fermes de Lesbordes, véritables oasis, dans ce désert de pins, fermes posées sur un joli tapis vert, entourées de magnifiques chênes centenaires, rappelant si besoin est que la forêt de pins n'existait pas avant 1857.





C'est sous le Second Empire, que Napoléon III fit promulguer une loi pour "assainir et mettre en culture les Landes de Gascogne", qui étaient de véritables marécages.

C'est donc dans ce joli cadre que je fais ma pose méridienne, avant de repartir pour 1h30 de marche et rejoindre Onesse-et-Laharie terme de mon étape.



Ce soir nouvelle expérience puisque je vais dormir dans un mobil-home au camping municipal Bienvenue, 259 route de Mimizan.



Mais avant, je vais aller à la messe dans l'église du village,  première fois que j'en ai la possibilité depuis mon départ.

mardi 21 octobre 2014

Jour J41 - Etape 31

Ma 21.10.2014

Le Muret - Labouheyre - 31 kms -7h45.

Petit clin d'oeil à Arnaud qui fête aujourd'hui ses 28 ans. Bon anniversaire.

Encore une longue étape,  mais le fait de savoir qu'il reste 200 kms jusqu'au but final, donne bien du courage.

Direction, dès 8h15, Pissos qui se situe à 15 kms. Depuis hier soir, je suis rentré dans le département des Landes.

Je suis les premières indications balisées de la coquille jaune sur fond bleu, mais il existe une barrière qui semble infranchissable à traverser, l'autoroute.

Pour les animaux sauvages, sur les autoroutes, l'on aperçoit parfois des ponts paysagés pour leur faciliter le transit.

Mais pour les pèlerins, il n'y a rien.... et je me vois mal franchir cette saignée de bitume à 3 voix dans chaque sens.

Alors comme les animaux sauvages, je longe la haie métallique en remontant vers Bordeaux. Sans doute comme les animaux sauvages, je commence à stresser, car je me vois mal revenir sur le lieu où j'ai franchi cette maudite autoroute, à 10 kms d'ici.

Et par bonheur, comme une garenne faite par un lièvre, sous cette satanée autoroute, un petit passage se fait jour quelques centaines de mètres plus loin.

Je respire, ils ont fait un passage à pèlerins, je m'y engouffre, et comme les animaux sauvages, j'en sors très vite, presqu'en courant, craignant sans doute que la trappe ne se referme prématurément.

Là, je me sens enfin libre, trop réjoui de retrouver mon milieu devenu naturel : les Landes de pins.

Comme je m'y sens bien.



Je peux donc poursuivre mon chemin sur un nouveau terrain de jeux. En effet les pistes sont beaucoup plus sablonneuses.  Un sable blanc, très fin, parfait pour des châteaux de sable, mais dans lequel je m'enfonce.




Ça sera la première difficulté supplémentaire sur ce trajet prévu de 31 kms, mais qui en réalité en fait 38 kms au compteur.

Mais là beauté du paysage, la decouverte des premières fermes landaises, font un peu oublier cet effort physique nécessaire.




Je passe par le petit village de Moustey, et je n'oublie pas que je suis sur le chemin de Compostelle.




Je vais m'arrêter un peu avant Pissos pour reprendre des forces et entamer la deuxième partie, toujours sur des pistes sablonneuses (donc très fatiguantes pour les jambes) avec une nouvelle difficulté, le vent de face qui ralentit ma marche.

Il a l'avantage, c'est qu'il me rafraîchit.

Sur ces pistes j'y fais d'agréables rencontres et lorsque j'arrive dans les villages, je commence à voir, ce qu'on appelle ici, l'arbre de mai qui autrefois était dressé le premier dimanche de mai en l'honneur des élus ou en guise de prospérité ou en l'honneur de mariage.




Et troisième difficulté, j'ai terminé les 8 derniers kms sur une route bitumée toute droite, dans un paysage désertique, mais avec beaucoup de circulation.

J'ai poussé un ouf de soulagement quand je suis arrivé à l'église de Labouheyre,  lieu de rendez-vous,  que la personne s'occupant de l'association Arc en Ciel, m'a donné pour me conduire à mon hébergement, situé à 1km de la sortie du bourg.