samedi 18 octobre 2014

Jour J38 - Etape 28

Sa 18.10.2014

Blanquefort - Bordeaux - Gradignan - 22 kms - 5h45.

Le parcours se déroulant exclusivement en milieu urbain, donc peu intéressant pour un pèlerin, je triche un peu, mais pour la bonne cause, en choisissant de prendre un transport en commun pour gagner le centre de Bordeaux. 

Je vais pouvoir consacrer plus de temps à la visite de cette ville du XVIIIème siècle et vous en faire profiter.


Ce matin j'ai une pensée toute particulière pour ma petite nièce Camille qui fête ses 4 ans.


Je prends donc le bus No 6 à 9h03 qui m'emmène en 40 mn (ça va quand même plus vite qu'à pied) dans le centre de Bordeaux,  station Gambetta. 


Mon neveu Geoffroy, qui poursuit ses études ici, vient m'y rejoindre, pour visiter le centre-ville. 


Je commence par la place de la bourse et la place du miroir d'eau.





Ensuite, un petit tour par l'église St Michel avec son clocher particulier.







Entre deux immeubles, surgit, comme oublié d'un autre temps la porte Cailhau.


Puis nous passons devant le célèbre pont de pierre célébrant les différentes victoires de Napoléon.



Pour nous rendre à l'église Ste Croix et nous déjeunons sur le parvis.





Nous reprenons la direction de la porte D'Aquitaine sur la place de la victoire,


Puis de la magnifique cathédrale St André avec sa tour Peyberland,  se situant devant l'hôtel de ville. 







Nous terminons par un passage devant le Grand Théâtre et les magnifiques immeubles de ce quartier.





Les bâtiments sont aussi majestueux que dans les quartiers chics de Paris, avec en plus la sérénité d'une ville où le piéton et le cycliste sont rois.






Un dernier petit tour par la fontaine de la place de la bourse.






Et je dis au revoir à mon neveu (après avoir parcouru tout de même 15 kms) avant de gagner la gare St Jean où je prends le bus ligne 10 qui me transporte en 30 mn à la station Prieuré de Cayac, lieu de mon abri pèlerin à Gradignan

En effet, ce prieuré abritait depuis très longtemps déjà les pèlerins.







vendredi 17 octobre 2014

Jour J37 -Etape 27

Ve 17.10.2014

Blaye - Blanquefort - 28 kms - 7h00.

En fait, ce matin je pars de Port Lamarque, compte-tenu des horaires de passage du bac (7h30 ou 10h), j'avais opté pour le passage dès hier soir.

De plus j'ai déjà avancé de 2 kms, ce qui fait que si le petit-déjeuner est tardif - 8h00 - mon horaire de départ 8h30, ne sera pas un handicap pour la journée. 

J'emprunte tout au long de la matinée des petites routes à travers le Médoc me conduisant de caves en château, où il est tentant de goûter aux Margaux et autres grands crus, au risque d'y perdre le nord et mon chemin de Compostelle. 



Hélas,  le chemin ne passe pas au pied de la propriété et vous ne verrez donc pas à quoi elle ressemble.


Je rejoins donc Ayrsac, non loin de Margaux, mais depuis ce matin c'est la galère: le soleil tarde à montrer le bout de ses rayons, il n'y a quasiment aucune indication Jacquaire,  et par conséquent,  je suis obligé,  sans arrêt de mettre le nez dans le guide et de vérifier avec mon GPS. 

Pour vous donner une idée voici un extrait du guide :
Carrefour en T: utiliser à gauche sur 50m la rue des Eycards, puis prendre à droite le chemin de la Lande. Après 200m, au carrefour (calvaire): laisser à droite et à gauche les chemins goudronnés, s'engager en face sur la piste caillouteuse (plein sud). Laisser de suite une piste partir à gauche. On file droit à travers la Lande, puis dans la forêt de pins.

Calvaire, oui calvaire c'est, car il n'y a pas toujours le nom des rues,  choisir plein sud quand il fait gris c'est pas le top non plus. Et quand la piste en face part plutôt à droite, que d'interrogations.

Mais comme je dois être bon en topographie !!!! J'arrive, sans encombre pour midi, à Arsac et je mange au pied de l'église, 

Une fois, tout remballé, je prends cette fois-ci le chemin de la forêt de pins sur 14 kms pour rejoindre Blanquefort.



Le soleil daigne enfin briller et fait émerger les bonnes odeurs automnales de pins et de fougères et exultent de joie mes narines.

Je traverse des gravières où l'eau a une étonnante couleur ( je vous dirais pas laquelle, je suis daltonien), mais c'est étrange. 




Enfin arrivé vers 15 h à Blanquefort, je rejoins mon hébergement,  un centre international d'échange l'Hotelia 67, rue de Maurian, affilié aux auberges de jeunesse.

Ils ont sans doute vu que je faisais encore jeune !!!!

Peu de temps après, je décide d'aller au centre-ville,  pour découvrir cette cité,  mais justement, c'est une cité dortoirs de la ville de Bordeaux, et je n'ai rien vu d'intéressant. 

jeudi 16 octobre 2014

Jour J36 - Etape 26

Je 16.10.2014
Pluie
St Aubin de Blaye - Blaye - 23 kms - 6h00.

Après une bonne nuit, lever à 7h pour départ à 8h00, quelle motivation!!

Par de petites routes, je prends la direction d'Etauliers, la bruine est de la partie, comme si il y avait un air de Bretagne.


En passant devant une maison,  je vois un petit écriteau, apparemment anodin qui précise: "sonnez SVP".
Je ne sais pas ce qui se passe. Tout à coup, je suis comme retombé en enfance. C'est demandé si gentillement, que j'ai très envie d'appuyer sur la sonnette et de partir en courant. Mais ma petite voie interne me dit, non tu es trop grand maintenant.

Alors je me contente de penser à tous ces ordres au dessus des sonnettes.
"Frapper fort ", alors que c'est une porte avec des carreaux.

"Poussez fort", je me dis, il ne faut pas être dérangé, comme moi, après avoir ingurgité 5 kg de raisin !!!

Après 1h30 de marche, changement de décors, je vais emprunter une piste cyclable jusqu'à Blaye, en passant successivement par des forêts et des champs de vignes. La différence avec les précédents jours, c'est que je vois la richesse des domaines viticoles, avec les magnifiques demeures qui se succèdent.




Cette piste m'emmène directement sur la citadelle Vauban de Blaye. Et voilà,  ce que peux deviner sous ma bâche quand il pleut.


Cette citadelle construite par Vauban, englobe des restes d'un château féodal, et ce pour défendre l'accès à Bordeaux. En 1880, les nouvelles techniques d'artilleries, permettent de renforcer la défense avec de nouveaux canons. Et du haut de ces murs, magnifiques points de vue sur l'estuaire, malheureusement le temps ne rend pas la pleine valeur à ces paysages.





Je prends une petite boisson chaude au café du port, en attendant 16h30, heure de passage du bac qui me transporte, comme les pèlerins jadis de l'autre côté de la Gironde.



Il fallait du courage pour risquer cette traversée et affronter le courant de cette rivière les jours de furie ou pour payer des passeurs sans scrupule.

Aujourd'hui ça aurait pu être un vrai régal, si le soleil avait bien voulu montrer le bout de son nez.

Je debarque à Port Lamarque, pour y rejoindre à 2 kms la chambre d'hôte Le Medoc de Maxou, bien confortable ma foi après la pluie essuyée toute la journée.

mercredi 15 octobre 2014

Jour J35 - Etape 25

Me 15.10.2014
☁ 
Mirambeau - St Aubin de Blaye 17 kms - 4h15.

Comme tous les matins, départ à 8h30, je vais rejoindre Mirambeau qui est distant de 2 kms et y faire un petit ravitaillement pour ce midi.

Dès la sortie de Mirambeau,  le ton est donné. Je vais, par de petites routes bitumées et des vallons joliment dessinés, rejoindre pleine-Selve, à la frontière avec la Gironde.

Par rapport à hier, une petite évolution,  de plus en plus de côtes et de plus en plus de champs de vignes.


Je sens qu'on approche de l'appellation "côte de Blaye".
Ceci me fait penser que pour avoir une bonne hygiène de vie, nous devons manger 5 fruits et légumes par jour, en plus de l'exercice physique.


Aussi comme j'ai un doute sur la quantité: 5 fruits ou 5 kilos de fruits,  j'ai opté pour la fourchette haute.

Donc, toute la matinée, à chaque parcelle de champs de vignes, je prends une grappe de raisin noir, ce qui fait, que lorsque je fais la pause  à midi,  je n'ai quasiment plus faim.

Heureusement qu'il s'agit d'une petite étape, car ma vitesse de croisière n'est pas excellente. Mais quand c'est trop bon, on ne compte plus.

Dès que je dépasse les hauteurs des Martinauds,  j'aperçois au loin l'estuaire de la Gironde. Çà devient bon, encore une étape et je franchis cet estuaire.


(si si regardez bien tout au fond, vous apercevrez la Gironde)

Sur le chemin de Compostelle, chaque pèlerin y va de sa façon de se déplacer.  La plus connue, c'est à pied avec un ou deux bâtons.  Ça peut être en vélo, électrique ou pas, avec un âne ou un mulet. Certains sont accompagnés d'une petite remorque. Mais aujourd'hui je rencontre une religieuse qui fait le chemin. Plus précisément une mante religieuse....hihihi. et comme elle est seule, elle a du faire crac crac avec son partenaire et le manger à midi !!!


Après je redescends vers la plaine qui borde justement cet estuaire et je fais étape à St Aubin de Blaye.


J'y arrive de bonne heure: 15 h, mais ça permet de me reposer un peu.

mardi 14 octobre 2014

Jour J34 - Etape 24

Ma 14.10.2014
☀ 
Pons - Mirambeau - 30 kms - 7h30.

Le Jacquaire reprend la route dès 8h15 en passant sous le porche de l'hôpital des pèlerins en direction de St Genis de Saintonge.

Cette étape sera identique à la veille.....non,non,pas du tout, car aujourd'hui il y a du soleil. Et sous le soleil, on ne voit pas les paysages de la même façon.


Et pour commencer, je suis accompagné par quelqu'un qui me suit dès mes premiers pas....quelqu'un que je n'ai pas vu depuis quelques jours déjà...il s'agit de mon ombre.


Au début, sans doute timide, elle reste bien à côté de moi. Et puis, la timidité s'estompe, et je la sens joueuse.

Autant elle reste à côté de moi, lorsque nous traversons les champs de maïs ou de vignes, autant je la vois comme s'enfuir, dès qu'il n'y a plus rien dans les champs, comme si elle veux que je la rattrape n'ayant plus peur de cette forêt d'épis de maïs.

Les enfants sont joueurs et moi imperturbable,  je suis mon bonhomme de chemin. Et comme tous les enfants, elle se fatigue vite et au bout de 2 heures, je sens qu'elle me suit, traînant des pieds, jusqu'à disparaître,  car quand je me retourne, je ne la vois plus.

Et pendant que je vous parle, j'avance, j'avance et je dépasse St Genis de Saintonge et je vais profiter d'un fossé bien ensoleillé pour faire ma coupure et terminer par une petite sieste.


Ce n'est pas parce que j'ai cédé à la tentation le long du chemin (en voyant les panneaux publicitaires incitant à la dégustation des Pineau et autres Cognac), ni pour essayer de retenir le talus, mais bien pour prendre un repos mérité que je me suis assoupi après le repas.

Au réveil je prends le chemin de Mirambeau, en passant par les vignes, pour me désaltérer au raisin, car il fait bien chaud.
J'alterne également avec les parties boisées où là j'en profite pour glaner quelques grosses châtaignes (je ne peux pas m'en empêcher) que je vais me faire cuire ce soir.




Je me déroute de 2 kms avant d'arriver à Mirambeau pour trouver un hébergement pour pèlerins à St Dizant les Bois où je peux cuisiner (humm, mes bonnes châtaignes),  faire un peu de lessive et tout faire sécher au soleil.

Ce soir, je vais être bercé par le hennissement d'un âne.

lundi 13 octobre 2014

Jour J33 - Etape 23

Lu 13.10.2014
☁ 
Saintes - Pons - 23 kms - 5h40

Ce matin nous sommes quatre à partir de l'abri pèlerins, pour une seule douche, il va donc falloir s'organiser.

C'est donc à 8h15 que je regagne les bords de la Charente pour sortir de Saintes.

Là les premières gouttes se font sentir. Un premier arrêt pour m'équiper contre les intempéries.

Je longe la base aérienne de Saintes, avant de m'éloigner dans la plaine, sur ces chemins blancs qui cisaillent les champs de culture ou de vignes...Enfin blancs quand il y a du soleil.

Mais là ce n'est pas le cas, des trombes d'eau s'abattent sur le pauvre pèlerin que je suis et ce jusqu'à midi.

Pas un arbre, pas une cabane, pas même une niche à chien pour tenter de me mettre à l'abri.

Comme dit ma chère collègue Maryse, un temps à rester dans le canapé et j'ajouterais, comme on est dans la région, avec une bonne paire de charentaises.

Mais hélas je dois avancer. Enfin pour midi je trouve une maison abandonnée avec un porche bien abrité. Je m'y installe pour me changer et prendre des vêtements secs, puis manger. En dessert, je n'ai juste qu'à traverser le chemin pour cueillir quelques grappes de raisin.

Une fois rechargée la mule, je prends la direction de Pons où j'arrive vers 15h.

Le temps d'aller à l'office de tourisme pour récupérer le code de la porte de l'abri pèlerins situé au haut de la rue Georges Clémenceau et d'y laisser mes affaires pour les faire sécher. puis je vais faire un tour en ville et découvrir cette jolie cité médiévale.

Voici d'abord l'énorme donjon du XIIème siècle, bel exemple militaire, qui domine la ville et la rivière qui passe à son pied, la Seugne.





Je  descends ensuite vers l'église St Vivien, construite à l'époque en dehors de la ville




et par où les pèlerins passaient au terme de leur voyage pour se rendre à l'hôpital des pèlerins un peu plus loin, pour s'y faire soigner ou trouver le repos bien mérité.