vendredi 11 septembre 2015

11.09.2015 18ème étape

Reliegos - LEON - Trobajo del Camino - 31 kms - 6h30.



Je laisse ce village de Reliegos, dès 6h30, pour me diriger vers la cité fortifiée sur le Rio Esla, Mansillas de las Mulas.

Comme chaque matin je prends plaisir à sortir dans la nuit, sentir la fraîcheur de l'air et entendre le chant du coq. Je peux même dire le chant des coqs qui se répondent mutuellement à gorges déployées. A l'écart du village, la nuit noire reprend ses droits et le firmament offre toute sa splendeur. Si mon neveu Geoffroy était là, il pourrait me dire le nom de l'étoile située à droite de la lune, à 10 mn. Elle m'attire l'oeil et brille beaucoup plus que les autres.
Je m'arrête plusieurs fois pour la regarder scintiller, sans m'en fatiguer. D'ailleurs elle restera la dernière illuminée jusqu'au lever du jour.


En ce 11 septembre,  j'ai une pensée toute particulière pour toutes les victimes  innocentes de la barbarie humaine, de quelque bord que ce soit. Ce chemin m'apporte la preuve qu'il peut y avoir aussi, dans la nature humaine, de très bonnes choses. Tous les jours, je suis témoin de gestes de solidarité, de soutien, de compassion entre gens de bonnes volontés et de toutes nationalités.

Au bout de 6 kms voici Mansillas de las Mulas. Au fur et à mesure que je me m'approche de la grande ville, Léon, le nombre de pèlerins augmente, mais ce sont plutôt les voitures qui deviennent une gêne.


17 kms sont déjà parcourus , le temps de faire une petite pause dans le village d'Arcabueja. Il ne faut jamais se laisser abattre. Et les pélerins succèdent aux pélerins à la terasse de ce petit café, un peu à l'écart du chemin.


Maintenant destination Léon, ville de 135.000 habitants. Pour la première fois depuis mon passage en Espagne, je vois des vaches, ce qui m'inciterait à dire (comme dans la pub): Léon, reviens j'ai les mêmes à la maison.


Je peux vous le faire en version espagnole et en phonétique :
Léonne, reviens j'ai les mêmes à la maissonne.

Après avoir franchi l'Alto del Portillo,  je plonge sur Léon et belle surprise une fois de plus. Tandis que je me disais depuis plusieurs jours, tiens du crotin sur le chemin, quels sont donc leurs heureux donateurs. Et là, après la côte, je vois ces deux ânes. Un Chemin de Compostelle sans des pèlerins accompagnés de leurs ânes, ne seraient pas un vrai Chemin.



En les doublant j'ai eu une pensée très émue pour Geneviève Dubosq, que j'ai rencontré avant de partir et qui a fait son pèlerinage vers Jérusalem avec son âne.

Me voici donc à Léon, pour midi. Je vais, dans un premier temps, visiter la cathédrale avant de passer à table.

Cette cathédrale commencée en 1259 sur l'emplacement d'une ancienne église romane est une des plus belles d'Europe, avec ses 1800 mètres carrés de vitraux. Cet édifice est imposant pour l'époque alors que la cité ne comptait que 5000 habitants. Jouxtant la cathédrale Santa Maria de la Regla, visite de son très beau cloître.





Il est quatorze heures et après un repas bien arrosé, visite du reste de la ville.


La collégiale de San Isidro.


Le Couvent de San Marcos - Parador.


Il est temps de répartir et rejoindre l'albergue Casa Simon à Trobajo del Camino, 5 kms plus loin.

Après la pause du peregrinos,


J'emprunte le Puente San Marcos qui enjambe le Rio Bernesga.


Ainsi avec cette visite de la ville j'ai encore parcouru 39 kms, mais ce fût pour mon plaisir et pour le votre j'espère.

jeudi 10 septembre 2015

10.09.2015 17ème étape

Sahagun -Reliegos - 32,7 kms - 7h30.



C'est en franchissant le Rio Cea, sur le pont del canto, à 7h30, que je prends la direction du premier gros village qui se situe à 18 kms.
En passant sur ce pont je quitte la Tierra De Campos et je rentre dans le pays de Léon.

Ce chemin, je pourrais l'appeler El camino infini. D'interminables lignes droites succèdent aux lignes droites. Ils ont eu la bonne idée de planter des arbres tout le long du chemin,  mais l'ombre est du mauvais côté.


Pour rompre la monotonie,  une heure et demi avant ma pause, l'ermitage de la Virgen de Pérales, sortie de nulle-part.



Seul plaisir, tant pis, je vais me l'offrir ce midi, à la terrasse du café du village de El Burgo Ranero.
Un bon petit 1/4 de rouge avec mon repas, car cet après-midi, rien, Nada, avant mon arrivée à Reliegos, 13 kms plus loin.



Un certain Domenico Laffi décrivit en 1670 ce village, en précisant qu'il n'avait trouvé pour seul abri que des cabanes de berger couvertes de paille et qu'il avait trouvé un pèlerin mort dévoré par les loups.
Ce n'est pas mon cas, mais cet après-midi, je suis plutôt dévoré par le soleil, il fait bien 28/30 degrés.



Dans ces contrées,  il subsiste encore de nombreuses maisons faites de terre mélangée à de la paille, ainsi que des maisons cachées sous des buttes de terre.



15 h sonnent à l'église de Reliegos (plus précisément Reliegos de Las Matas) quand j'arrive à l'albergue municipal Don Gaiferos.



mercredi 9 septembre 2015

09.09.2015. 16ème étape

Carrion de Los Condes - Sahagun - 42 kms - 9 h.



Magnifique voûte céleste en sortant de l'albergue. La nuit est noire, la lune marque le ciel de son fin liseret blanc. Eh oui, la saison avance, et quasiment sans lune, je devine à peine les bords de la route marquée de ses bandes blanches. Mais la file des pèlerins, équipés de leur lampe de poche, errants dans la nuit, forme une longue traînée d'étoiles filantes se dirigeant vers Santiago.

Après 6 kms, je quitte cette route pour m'engager sur la Via Trajana qui reliait Bordeaux à Astorga aussi appelée via Aquitana.


Nous avons quitté la Meseta pour pénétrer dans la Tierra De Campos.
Peu de changement, le terrain est encore plus plat, les lignes droites plus droites. La monotonie va donc être la règle sur ce chemin.
Pas l'ombre (tiens encore...) d'une queue de lapin à l'horizon, et ce depuis le début du voyage.



Alors, comme pour les enfants, quand il faut les occuper, pour ne pas entendre quand est-ce qu'on arrive, j'ai envie de poser un problème de mathématiques,  pas mal pour la rentrée scolaire. Le voici, lisez bien l'énoncé et répondez correctement,  sinon mamie Jocelyne ne va pas être contente.

Sachant qu'un pèlerin (moi en l'occurrence) est parti (à pied bien sûr) de l'albergue et double un autre pèlerin à 8h59 (ayant logé à la même albergue). Sachant que ce pèlerin (pèlerine en fait, une fois doublée, on voit mieux à qui on a à faire) a été dépassée au km 16 et sachant que je suis parti à 6h 50 précise.
Voici la question: Quelle a été l'heure de départ de la pèlerine.

Petit indice supplémentaire: la pèlerine utilisait ses deux bâtons,  quant à moi, ils étaient pliés sur mon sac à dos.
Je vous laisse un quart d'heure pour y réfléchir, le temps pour moi d'arriver au village de Calzadilla de la Cueza pour y faire une pause rafraîchissement et me mettre en tenue d'été, car ça y est la température devient clémente.

Voilà comment j'occupe mon temps en marchant.

Bon, le temps est écoulé,  je vous donne la réponse pour que vous puissiez vérifier. Tout le monde a trouvé je suppose.
Réponse: elle est partie bien avant moi.

Je poursuis mon chemin et souhaite relier Terradillos de Los Templarios, pour y faire mon ravitaillement et trouver quelque crème magique pour les bobos dans une pharmacie, comme indiqué sur ma carte.



Hélas, le bourg semble être quasiment abandonné,  mais par miracle, oui miracle sur ce chemin, un camion ambulant de produits verduras (fruits et légumes) s'arrête juste devant moi et repart. J' ai le temps de lui acheter, bananes et pêches des vignes que je vais manger avec mon raisin sec bien à l'ombre de l'église du village.

Je me demandais pourquoi il y avait tant de cafés dans les villages. Eh bien quand vous lisez la carte topographique et à haute voix, allez-y, donnez les noms des villages: Terradillos de Los Templarios,  San Nicolas del Réal Camino, Bercianos del Réal Camino, vous vous rendez compte que ça donne soif !! Essayez avec les noms de chez nous: Vitré, Laval, Nantes, vous n'êtes même pas essoufflé.

Assez rigolé, je vais repartir, vers ma destination de ce soir Sahagun après ma pause d'une bonne heure. Il me reste environ 13 kms.

Le chemin emprunte un petit pont moyenâgeux,  juste devant l'ermitage de la Virgen del Puente, qui enjambe le Rio Valderaduey.

Est-ce pour me faire mentir, mais juste devant moi le panache blanc d'une queue de lapin détale (comme un lapin) et disparaît à l'horizon.  Je termine à l'albergue de Cluny à l'entrée de Sahagun.







Mais je ne vais pas me coucher sans aller faire le tour de la ville et de ses principaux monuments.

L'arc de San Benito du XVIIIème siècle,
L'église San Tirso et le sanctuaire de la Peregrina du XIIIème siècle.
Enfin le pont de Canton qui franchit le Rio Ces.







mardi 8 septembre 2015

08.09.2015. 15ème étape

Boadilla del Camino - Carrion de Los Condes - 27 kms - 6 h30.


Fini les béatitudes,  un peu de repos pour vos méninges.
☀ 
Ce matin, je franchis la porte de l'albergue à 7h, afin de rejoindre, en longeant le canal de Castilla, le petit village de Fromista afin d'y prendre mon petit déjeuner. Ce n'est pas commun, me direz-vous de marcher 1h15 en sortant du lit pour prendre son café-croissant au chocolat.



Ensuite Meseta quand tu nous tiens, 13 kms de marche le long de la route en ligne droite jusqu'à Villalcazar de Sirga. Seul le fossé nous sépare du bitume.


Rien à l'horizon, pas un monument, pas une distraction,  alors que faire, que vous dire.

Je vais devenir égocentrique et vous parler de mes pieds. Vous vous souvenez de mon pied droit qui me posait des soucis avant mon départ. Je me suis fait soigner à St Jean Pied de Port par mon hôte, monsieur Hamar. Et bien bonne nouvelle,  je n'ai quasiment plus de douleurs.
Quant à mon pied gauche, lui également soigné avant mon départ, mais laissant apparaître encore quelques douleurs, va désormais très bien.

Mais je parle trop vite, à peine sorti de Fromista, tout à coup une violente décharge électrique sur le côté gauche de mon pied au dessus de la cheville gauche.

Non pas ça !!! Je reprends mon souffle et essaye de bien dérouler mon pied en marchant. Rien n'y fait. Je décide de marcher alors le pied à plat, pour éviter de le faire travailler. C'est mieux. Je reprends espoir. Je décide de m'arrêter à la prochaine fontaine, d'une part pour enlever mes tenues chaudes de ce matin (polair,  Kway, manchons et gants) et pour me badigeonner le pied de crème arnigel à l'arnica.

Je repars en étant très prudent, sur mon rythme. C'est fragile,  mais çà va me permettre de tenir jusqu'à ce soir.

Je vais ainsi jusqu'à Villalcazar 10 kms plus loin, pour visiter Santa Maria la Blanca, église fortifiée templière.




Puis je finis ma dernière ligne droite et le soleil commence à donner du rayon. Suis-je en train de délirer, il me prends tout à coup l'envie, sans l'ombre d'un doute de marcher sur mon ombre pour me mettre à l'ombre de mon ombre. Impossible, alors je me dis, puisque c'est çà, ce midi je m'offre au repas, une palombe farcie. Je me mets à table, et le serveur me dit: Holà hombré qué te Quiéré? Una palombe por favor. Qué Nada, esta tortillas or tortillas.  Va pour les tortillas, mais à l'ombre, por favor, car il fait plus de 28 degrés.



Je vais ensuite à l'albergue Espiritu Santo, de Carrion de Los Condes. Puis cet après-midi,  visite de la ville, l'église Santa Maria,  l'église de Santiago et le monastère de Zoilo, dont hélas je ne pourrais voir le cloître, car il y a fête locale et tout est fermé.