dimanche 30 août 2015

30.08.2015 6ème étape

Estella - Los Archos - 23 kms - 6 h.



Heureux toi le pèlerin, si ce qui te préoccupe le plus n'est pas d'arriver au bout, mais d' arriver avec les autres.



Lever à 5h30 afin de pouvoir emprunter, dès 6h30, la rue des cortidores,  non pas à cause des bouchons, mais bien de la chaleur qui nous attend, une fois encore.

En sortant de la ville,  je profite de l'éclairage public pour me diriger et bien repérer les signes jacquaires.


J'essaie cette sortie matinale pour profiter de la rosée matinale. Mais que nenni, il fait déjà 20 degrés. A défaut de rosée le pèlerin est invité à boire, à la fontaine à vin, du rouge du Monastère IRACHE du XIème siècle. Un petit rouge à 7h le matin ça vous fouette le brave pèlerin pour l'aider à grimper jusqu'au village de Villamayor de Monjardin, perché à 675 m. La devise inscrite à cette fontaine est " Pèlerin si tu veux arriver à Santiago, avec force et vitalité, de ce bon vin bois un coup et trinque à la félicité".




Mais parfois son abus peut avoir des effets néfastes,  la preuve en est,  un pèlerin à du déchausser...


N'a-t-on pas tous rêvé d'un château en Espagne ? Le voici à Villamayor. Au pied de ce château coule une fontaine millénaire.


Il me reste 13 kms que je vais faire accompagné d'un Nantais, rencontré deux ou trois jours avant.



Nous discutons tellement que l'on n'a pas vu le village de Los Arcos arriver. En effet nous avons mis une demi-heure de moins que prévu.

La pose du midi est bienvenue à l'ombre des platanes.

Pas de temps à perdre, cet après-midi visite de la petite ville d'origine romaine, de son église Santiago Maria du XVIème de style très baroque. Il ne reste plus grand chose de la muraille qui entourait la ville qui a été intégrée dans les habitations, ormis cette arc de triomphe.





Ce soir hébergement à l'auberge des pèlerins, on y retrouve de fidèles compagnons, malgré le fait qu'il existe de nombreuses auberges.



samedi 29 août 2015

29.08.2015 5ème étape

Puente la Reina - Estella - 22 kms -   5h30.



Chaque matin, je vous lierai les béatitudes du pèlerin, juste une petite phrase qui réconforte avant l'effort.

Aujourd'hui :
Heureux toi le pèlerin,  si tu découvres que le chemin t'ouvre les yeux pour ce qui ne se voit pas. 
Ce matin je sors encore plus tôt, je n'ose pas dire à la fraîche, car je partirais bien torse nu. Je traverse la ville de Puente la Reina et je franchis le Rio Arga une dernière fois par le pont romain et ce au coucher de la lune.




Je me dirige vers Maneru en suivant El camino françès depuis St Jean Pied de Port. Je me demande d'ailleurs pourquoi on l'appelle ainsi puisque les français ne représentent que 15 % des pèlerins. Il aurait dû s'appeler camino babylone. En effet je croise tellement de nationalités, espagnols, allemands, suisses, belges, canadiens, néo-zélandais, australiens, coréens, japonais, chinois...,mais contrairement à la légende biblique, c'est plus dans l'esprit d'une communauté de destin.

Ainsi, hier soir à l'auberge, j'ai revu mon chinois Wang que j'ai rencontré à St Jean Pied de Port, mon brésilien Walecq qui me suit depuis la 2eme étape. Par contre, Bernard et Joëlle, partis comme moi, le 25 août de notre auberge de St Jean, ont fait une étape plus courte entre Zubiri et Pamplona. Ils doivent être derrière maintenant, et les retrouverais si Dieu le veut à Santiago.


Mais je parle, je parle. Vous croyez que je me suis assis sur un banc pour vous raconter tout çà,  mais non j'avance sous un soleil de plomb.



Sur le chemin,  je vais de nombreuses fois traverser des rios sur des ponts romains ou médiévaux comme à Cirauqui, Lorca (qui fait partie des nombreux villages-rues du camino), Villatuerla ou Estella.
J'entre dans une zone de culture de vignes et d'oliviers.





C'est en passant un dernier pont roman à Villatuerla que je me dirige sur Estella, sans oublier il va de soi un petit détour vers l'ermitage St Miguel.




Je rejoins l'hôpital des pèlerins à l'entrée de la ville vers 12h30. Ouf, il était temps d' arriver. A la deventure d'une pharmacie, la température annoncée était de 41 degrés.

Après avoir déjeuné,  je pars visiter la ville, en faisant attention de longer les murs, car les rayons du soleil brûlent.


L'église San Miguel,


La ruelle du Chapitel,



L'église San Pedro et son couvent du XIIème siècle.











vendredi 28 août 2015

28.08.2015 4ème étape

Cizur Menor - Puente la Reina - 21,3 Kms - 5 h.



Cette nuit la pleine lune dans son halo lumineux surveillait les braves pèlerins comme une maman ses enfants et s'assurait sans doute à ce qu' ils ne ronflent pas trop !!!

Le lever se fait toujours avant celui du soleil, afin de prendre les sentiers aux premières lueurs du jour, car la journée va être chaude encore.

Aussitôt apres avoir quitté Cizur Menor, je m'engage sur les pentes cultivées de la Sierra del Perdon. Ce matin j' ai une pensée toute particulière pour une jeune fille qui en a besoin et je crois que c'est moi qui ai reçu sa force pour grimper sous cette "cagna".


Je suis bien content de faire une petite pause en passant le col de la Sierra del Perdon à 770 m.



Maintenant il faut penser à redescendre, car la chaleur, elle, va monter, en passant par les différents petits villages qui semblent dormir sous ce soleil de plomb.
Uterga, Muruzabal où je fais la pause méridienne bien à l'ombre du mur de l'église et Obanos.






En abordant  ce petit village de Obanos, celui-ci est en pleine ébullition, c'est la fête au village. Un groupe de jeunes filles, trop contentes de parler à un pélerin, m'invite dans leur petit local sur le bord de la rue.Elles l'ont aménagé pour l'occasion avec un petit bar et quelques coussins faisant office de canapé. Elles me proposent bien gentiment de me rafraîchir avec une boisson au choix. La musique est à fond, et elles dansent. Ces quelques notes sont entraînantes et je me déhanche de même. Mais après un petit quart d'heure je poursuis ma route pour rencontrer cette danse étrange pour cette fête traditionnelle fin août, de Santa Félicia qui était une princesse d'Aquitaine qui, après un pélerinage à Compostelle, renonça à ses richesses et mena une vie de prière. Son frère Guilhem, peu convaincu par les explications des gens du cortège, vint la tuer. Puis pris de remords, alla lui aussi à Compostelle et revint finir ses jours au santuaire tout voisin de la Vierge d'Arnotegui. En passant devant, un homme vient vers moi, et me propose en qualité de pélerin de venir prendre un rafraîchissement et quelques friandises, avant de poursuivre mon chemin.




Il est temps d'arriver à l'auberge des pèlerins de la Puente la Reina. Car à 15 h le thermomètre pointe à 37 degrés. Je n'ai plus grand chose de sec. J'ai pris soin à chaque passage devant une fontaine de remplir d'eau mon chapeau pour me le renverser sur la tête.
En arrivant éternel rituel. D'abord, retrouver le confort d'une bonne douche, se changer avant d'aller faire les courses.

Puis une bonne petite visite de la ville qui possède son pont médiéval bien sûr, son église Santiago et l'ancien accueil des pèlerins auquel est accolé la chapelle du crucifix dans laquelle se trouve une croix particulière en patte d'oie.











jeudi 27 août 2015

27.08.2015 3ème étape

Zubiri - Cizur Menor - 29,6 kms 7h30. 




Ce matin je descend la vallée d'Estibar. Au creux de cette vallée coule le Rio Arga. C'est toujours en sous-bois que je me dirige vers la plaine.



Ce sentier longe le Rio et à chaque village comme celui de Lassaroagna, un joli pont médiéval l'enjambe.



Sur le chemin, je rencontre déjà un peu moins de pèlerins, mais certains de ceux qui sont arrivés hier soir à l'albergue ont donnés des signes de faiblesse, en raison de la forte pente subit depuis deux jours. Et ce matin, je les vois porter des bandages aux genoux ou aux chevilles, ou marcher en  boitant, jusqu'à voir également des dégâts collatéraux comme cette image...


Je poursuis en direction de Pamplona, et le paysage commence à changer. Adieu les verts pâturages de nos chères Pyrénées francaises, adieu les pentes boisées de la vallée del Erro. L'horizon s'offre à moi plus aride, pas étonnant que la température dépassera les 30 degrés cet après-midi. Aussi après un petit détour je fais une halte à la très jolie chapelle du XIIIème siècle de Zabaldika et y fait sonner la cloche comme l'envoi de messages adressés à tous ceux que j'aime.



Ce lieu est propice à la réflexion dont je vous livre quelques extraits :

Le chemin te fait pèlerin, parce que le Chemin de Santiago n'est pas seulement un bout de chemin qu'il faut parcourir pour arriver quelque part, ce n'est pas une garantie d'obtenir une récompense.
Le chemin de Santiago est parabole et réalité en même temps, parce qu'il se parcourt au dedans et au dehors, dans le temps concret que durent les étapes, et tout au long de la vie, si tu as laissé le chemin te pénétrer, te transformer et faire de toi un pèlerin.
Le Chemin te fais plus simple, parce que plus l'équipage est léger, moins ton épaule sera lourde, et mieux tu feras l'expérience du peu de choses dont tu as besoin pour vivre.
Sur le Chemin tu deviens frère et soeur.
Tu seras prêt à partager le peu que tu portes avec toi, parce que même si tu commences le chemin tout seul, finalement tu vas le faire en compagnie.
Le chemin engendre communauté qui se salue, qui s'intéresse au cheminement de l'autre personne, qui écoute, qui partage.
Le cheminement est exigeant.
Il faut se lever avant l'aube malgré la fatigue et les ampoules ; il faut marcher dans l'obscurité de la nuit qui va vers le jour; il faut se reposer juste pour ne pas s'arrêter.
Le Chemin t'invite à contempler, à te laisser surprendre, à accueillir, intérioriser, t'arrêter, te taire, écouter, admirer, bénir... la nature, tes compagnons de chemin, toi même, Dieu.

Vous avez comme moi fait une petite pause, reprenons nos esprits et quant à moi je charge mon sac à dos et enfile mes bâtons pour rejoindre Trinidad de Arre et enjamber comme de très nombreux pélerins depuis le XIIIème siècle son joli pont médiéval qui passe près de la basilique.






Et maintenant direction Pamplona et sa très belle cathédrale que je visite après avoir déjeuner sur un banc à l'ombre, car les rayons du soleil commencent à brûler.





Après avoir discuté plus d'une heure avec deux pèlerins français, Fanny et "papa ", il faut reprendre le chemin de la destination finale à 6 kms: Cizur Menor. L'arrivée se fait vers les 17 h à l'auberge familiale Roncal, sous un ciel un peu voilé ce qui permet de mieux supporter la chaleur. A l'arrivée  le petit train-train quotidien: douche,  lessive et courses pour le repas du soir.