samedi 19 septembre 2015

19.09.2015. 26ème étape

Sarria - Portomarin - 22,8 kms - 4h15.



Départ à 8h15, après un bon petit déjeuner à la Cocina du Monastère, très bien équipée.

Mais en ouvrant la porte du Monastère,  nouveau décor, le brouillard.


Nouvelles sensations aussi, car je dois repartir sur les pentes du Cierro del Castillo, mais sans trop monter cette fois.
Je vais devoir, tout d'abord franchir le Rio Pequena,  sur ce gentil petit pont roman.


Et le début du chemin est un régal. J'évolue dans cette ambiance mystérieuse, propice aux songes. Tout devient magique, insaisissable.



Par ces jolis sentiers, bordés de petits murets de schistes, je passe de nombreux hameaux ayant chacun leur charme.

Tour à tour ces chemins sont bordés de chênes ou de châtaigniers, majestueux par leur corpulence. 
J' ai pas de mal à les imaginer, regarder passer les pèlerins à leurs pieds depuis un temps infini et se demander qu'est-ce qui peut bien motiver tous ces gens à aller de l'avant, alors qu'eux sont immuables.
Les seules choses qui les fait changer, ce sont les saisons.



J'ai beau marcher et monter, le brouillard est toujours là et va m'accompagner jusqu'à Portomarin 4h après être parti.


Mais il ne m'empêchera pas de voir de belles petites fermes et leur séchoir à maïs. 



Enfin à 12h30, j'arrive au dessus de Portomarin,  la nouvelle,  car en effet le Vieux Portomarin est englouti sous les eaux du Rio Mino,  suite à la création d'un barrage en 1962.

L'église fortifiée San Nicolas a été rebâtie, pierre par pierre sur les hauteurs.





Et c'est en rejoignant l'albergue Ô Mirador,  que le soleil daigne se présenter.

Ceci permet de mieux apprécier la vue que j'ai de mon lit. 








vendredi 18 septembre 2015

18.09.2015. 25ème etape

Hospital de la Condesa - Sarria - 37,5 kms -8h30.




Ce matin, je vais commencer ma journée par souhaiter un bon anniversaire à mon papa. Il va souffler une bougie de plus et je vais penser fort à lui, car je suis trop loin pour lui faire la bise. Je trouverais bien une petite chapelle sur mon chemin,  pour entrer en communion avec lui.

Tous les matins se suivent mais ne se ressemblent pas. Belle journée en perspective, le ciel est clair, mais nous sommes à 1300 m, la température ne doit pas dépasser 5 degrés.


Juste avant le lever du soleil, la montagne fait découvrir ses formes et garde ses nuages de coton à ses pieds comme pour rester au chaud.

Moi je vais continuer à monter à l'Alto do Poio à 1337 m. Je n'irai pas plus haut, mais quelle vue splendide sur cette Sierra do Ranadoiro.



En chemin, je vais voir la plus petite église du camino à Biduedo.


Et selon un dicton espagnol :

Todo lo que sube baja
Todo lo que baja sube.

En clair, et vous avez compris :

Tout ce qui monte descend
Tout ce qui descend monte.

Ce qui se vérifie à nouveau,  dans ces pentes qui me ramènent à la vallée de l'Oribio, où est située Triacastela, à 665 m d'altitude.



Un nouveau choix cornélien s'offre à moi, soit je prends à gauche, en passant par le monastère de Samos. Il n'y a pas trop de dénivelé, et le chemin se déroule en fond de vallée.

Soit je prends à droite, vers les Montés da Arbela, pour vérifier si j'ai bien compris le dicton espagnol.

Je choisis ce chemin qui traverse divers hameaux très bucoliques et je dirais même "Authentiques".




Une chose est sûre, ce chemin élève les corps, puisse-t-il en faire de même pour l'esprit. Et si c'est le cas, je suis au moins au Paradis.

Et du haut de ces branches, 800 ans vous contemplent.


Il ne ne faut pas moins de 24 kms pour redescendre à Sarria à 440 m, au pied du Cerro del Castillo.




A vol d' oiseaux, Sarria qu'on aperçoit au fond n'est pas loin, mais moi je marche et il me faudra encore une heure.


Là je vais profiter des installations du Monastère de Magdalena, pour récupérer, cette nuit. Après la visite du cloître,  je vais participer à la messe de 20 h avec comme il se doit bénédiction ds pélerins.





jeudi 17 septembre 2015

17.09.2015 24ème étape

Ambasmestas - Hospital de la Condesa - 23 kms. 6h15.



La nuit à été formidable, comme jamais depuis le départ. Je suis donc en pleine forme pour poursuivre mon périple et appréhender les pentes du Castrosarracin.

Il est 8h15 et pour la première fois je pars de jour, altitude 600 m. Je prends la nationale VI, tiens ça me donne envie de fredonner la chanson de Charles Trenet.




Évidemment, il faut un peu la retoucher : Nationale 6
Il faut la prendre qu'on aille
à Santiago ou à Reiriz
Que l'on soit 2,3,4,5 ou 6
C'est une route qui fait les cuisses
Route des peregrinos
Qui traverse de Vega à Cebreiro's



....
Comme l'indique si bien cette chanson, je passe 2,5 kms plus loin par Vega de Valcarce, puis Ruitelan et Las Herrerias,  le temps de se chauffer les cuisses, car maintenant, j'ai 9 kms de montée à travers de jolis sentiers de montagne.






Sur ce trajet, juste deux petits villages, dont le dernier La Laguna de Castilla, sur la province de Léon. A quelques centaines de mètres de Ô Cebreiro, une stèle indique que nous entrons en territoire Galicien, avec les premières pallozas, couvertes de chaume (paille de seigle). Habitations traditionnelles de la partie montagneuse de la Galice. Architecture qui vient, sans doute, de l'époque Celte.


Terre celte par exellence avec la même racine GAL ou WAL, WEL que Gaulle,  pays de Galles,(Walles), Wallonie, Portu-gal, etc... Je ne sais pas si Frin-gale est aussi CELTIQUE, mais j'ai faim,  C'EST LE CAS et souvent vers midi, C'EST LE TOC.

Alors je vais manger un bon potage bien chaud à un bar d'O Cebreiro,  situé, rappelons le à 1330 m.



Maintenant, je vais redescendre, si l'on peut le dire, vers Hospital de la Condesa à 1290 m.


Un petit coup d'oeil au pèlerin de bronze figé au sommet d'Alto de San Roque à 1270 m, depuis 1993. Il lutte contre les bourrasques de vent qui souffle sur ce lieu, très souvent.


C'est la fraîcheur des montagnes qui va nous envelopper pour la nuit à l'albergue Kunta de Galicia. Mais cette fois,  ce sera une trentaine de personnes qui me tiendront chaud, car dehors les nuages sont bas.

mercredi 16 septembre 2015

16.09.2015. 23ème étape

Cacabelos - Ambasmestas - 26 kms - 7h.



Et bien non, il a plu toute la nuit, et le mot pleuvoir est faible. Pourtant comme tous les matins, la machine infernale à lever les pèlerins se met en route. Mais qu'est-ce qui peut tant les motiver pour les mettre dehors, avec un tel temps.  Je suis sûr que même les escargots ne sortent pas.

Il faut pourtant que je fasse de même. Je traîne à faire mon sac et je repousse au maximum mon départ, soit vers 7h30.

Le moins que je puisse dire, c'est qu'il faut que je me lance à l'eau.

Mais là haut, dans le ciel, il ne doit plus rester d'eau, avec tout ce qui est tombé depuis plus de 18h.

Pour ajouter au plaisir, il fait un vent à décorner les taureaux. Je ne crois pas si bien dire, en sortant du village,  je ne dirige vers Valtuille de Arriba,  une petite variante de 2 kms, pour éviter la route et évoluer parmi les vignes et les cerisiers.



Premier obstacle un chêne vient de tomber sur la route. Donc,  j'adopte une certaine prudence en évoluant parmi les arbres.


Je passe ce joli petit village de Valtuille de Arriba,  à flanc de colline,



et suit le chemin qui serpente dans les vignes pour accéder à Villafranca del Bierzo et faire une pause café après 2 petites heures de marche.



C'est surtout un bon prétexte pour se mettre à l'abri d'une nouvelle averse. Mais après 1/4 h, je n'ai pas le choix je dois repartir. Cette fois-ci encore je m'écarte de la route en suivant un chemin de montagne, certainement plus dur, mais sans doute, autrement sympathique.

Toujours forte tête, plutôt que de longer la route nationale,  je vais encore me rallonger en grimpant la Calle de Pradela qui s'élève immédiatement au dessus de la ville de Villafranca située à 500 m d'altitude.


Il s'agit d'un chemin muletier qui me mène sur la Sierra del Calderon à 929 m et qui m'offre après avoir attrapé une grosse suée, une vue sur Villafranca,  certes un peu gâchée par la pluie.



Et comme tout effort mérite récompense, je crois, sincèrement, que le Seigneur, a voulu faire un geste. Alors qu'il pleut sans discontinuer, je sors d'un sous bois de châtaigniers, avant de rentrer quelques dizaines de mètres plus loin dans une forêt de pins. Et là,  l'espace de deux minutes, la nature m'offre un superbe arc-en-ciel. J'en suis ému aux larmes. Pourquoi, quelque chose, me direz-vous de si banal, prend pour moi, une signification si forte.


Le sentier va monter jusqu'à 944 m et m'entraîner dans une châtaigneraie. Il fait un tel vent, que les bogues de châtaignes tombées au sol, font de jolies boules de soleil qui marquent le chemin jusqu'à Pradela,  point de départ de la descente qui me mèneront à Trabadelo,  dans la vallée.



Il ne me reste plus qu'à suivre la route, certes peu fréquentée qui me conduira à Ambasmestas, 6 kms plus loin pour prendre ma place à l'albergue Das Animas à 14h30.

Ambasmestas qui veut dire en Galicien "deux eaux" au confluent de deux Rios Valcarce et Balboa.

Rituel immuable,  mais qui a son importance : une bonne douche pour se réchauffer. Je mange pour me réconforter et j'étends tout mon linge, car demain,  il vaut mieux repartir sec.

Juste une petite visite à la chapelle du village.


Ce soir, je pense que je serais seul dans ma chambrée de 14, je vais pouvoir faire une nuit sans ronfleur, Je vous souhaite, à tous chers lecteurs, une bonne nuit, moi je vais dormir dans un silence parfait. Bžzzz.