mardi 28 octobre 2014

Jour J48 - Etape 38

Ma 28.10.2014
☀ 
Ostabat - St Jean Pied de Port - 23 kms - 5h45.

Tout d'abord, je souhaite un bon anniversaire à ma tante Marie- Madeleine. Et comme elle pourra le voir plus loin, je ne pouvais pas rater, les panneaux de signalisation me le rappelaient, et me rafraîchissaient la mémoire sur mon âge également.

Comme je vous ai dit hier Ostabat est un village avec un certain nombre de fermes. Aussi dès ce matin, je croyais qu'ils avaient organisé un festival du chant de coqs.

Mon éducation judéo-chrétienne me laissait penser que le coq chantait 3 fois avant le lever du soleil. Que nenni !!! Je peux vous affirmer qu'ils chantent, mais 3 heures avant le lever du soleil (je vous rappelle que l'on bénéficie en plus du nouveau décalage horaire).

Là, ils n'ont pas arrêté depuis 5h du matin, à qui chantera le plus fort. Je soupçonne même un coq d'être manager par Patrick Bruel et il a dû s'entraîner sur l'air de "casser la voix..."

Ostabat est un nouveau point de convergences des différents chemins du nord de L'Europe.
Les chemins de Bretagne, la voie de Tours (via Turonensis), du Puy en Velay, de Vezelay,  D'arles, d'Allemagne et de Suisse.

Ceci explique que maintenant, je rencontre plus fréquemment des Pélerins.

Départ à 7h30, pour arpenter les collines qui commencent à s'enflammer au soleil levant et après dissipation des brumes s'accrochant dans le fond des vallées,  comme du coton à une barbe mal rasée.



Je prends la direction de Gamarthe en passant par de nombreux tous petits villages accrochés à flanc de collines.







Ces villages étaient autrefois peints en blanc et le bois et les volets avec le sang rouge de boeufs.

Sur le chemin, je passe devant la croix de Galzetaburu.





Une fois atteind Gamarthe, objectif St Jean le Vieux, mais je déjeune un peu avant, en face du château d'Apat qui veut dire abbé en basque.



Après ma pose, je vais voir la petite église de St Jean le Vieux

Est-ce une remarque sur mon âge ?


avec les fameux balcons que l'on trouve dans la plupart des églises basques.




En effet les balcons étaient réservés aux hommes pour suivre la messe.....

À défaut de messe...  je continue vers l'église de la Madeleine, pas celle de Paris, ni celle de Proust,  mais bien du pays basque, dont la Nive coule à ses pieds.




Ensuite, quand je pense au nom de la rivière Nive, je pense à mon but final St Jean Pied de Port qui n'est qu'à un quart d'heure.



J'arrive évidemment par la porte St Jacques et je descends la rue de la citadelle, pour rejoindre la porte D'Espagne.







Mais c'est là que s'arrête mon périple pour cette année.

Je monte légèrement la rue d'Espagne pour trouver le refuge pèlerin " Le Chemin vers l'Etoile au n° 21 et la chance veut que je ce soit à côté de l'atelier du chocolat de Bayonne, miam,miam....dont Sandrine m'en a dit le plus grand bien.


lundi 27 octobre 2014

Jour J47 - Etape 37

Lu 27.10.2014
☀ 
Bergouey-Viellenave sur Bidouze - Ostabat - 28,5 kms - 6h30.

Réveil à 6h30, car lui le soleil n'a pas changé d'heure, pour partir aux aurores.

Je repasse par le cadre enchanteur du pont de Viellenave pour atteindre très rapidement le paysage bosselé et verdoyant du pays basque.




Ce matin, l'atmosphère est mystérieuse avec ce brouillard matinal.

Je me dirige vers Garris,  joli village où l'architecture est si caractéristique de ce pays basque, avec de jolis ensembles qui datent de 1600-1700 .

Maison Pélégrinia servant autrefois d'accueil pour les pélerins




Puis direction St Palais pour m'approvisionner.





A partir de là changement de cadence,  j'attaque réellement la montagne. Je passe de 5 kms/h à 3,5 kms/h.






Après 1h30 de montée, quel régal,  je dirais même plus, c'est la cerise sur le gâteau,  même plus, le bocal de cerises sur le gâteau.

Un point de vue à 360 degrés sur toutes les Pyrénées.








Je déjeune au pied de la chapelle d'Harambeltz et profite du spectacle dont je ne me lasse pas, je reste là 1h30.


Mais il faut bien rentrer avant la nuit. Donc, cette fois je descends, vers Ostabat,  quand je dis descendre, ça monte quand même.

Arrivé à ce petit village, j'adooore les fermes qui le composent, elles dégagent de vrais odeurs de ferme, pas d'ensilage.
On pourrait dire de l'authentique. D'ailleurs, c'est seulement ici, que l'on voit le maïs conservé dans des hambars.







Voici donc Ostabat, ça sent bon le pays basque.

D'autres y verront un côté plus religieux Ostabat (mater).

D'autres y verront un côté plus banlieusard Ostabat ( ta mère).

Toujours est-il, dans le gîte qui m'heberge ce soir, l'ospitalia,  c' est la tour de babylone, car il y a 8 pèlerins, de Suisse, de Tchèquie, des Allemands, et des femmes du lot.



Jour J 46 - Etape 36

Di 26.10.2014
☀ 
Sorde L'abbaye - Bergouey-Viellenave  - 22 kms - 5h50.

Changement d'horaire aujourd'hui, et retour d' Hossegor à Sorde L'abbaye, en voiture, ce qui fait que le réveil se fait à 6h du matin, avec  la nouvelle heure.

Un peu perturbant.

Ce matin, j'ai une grande pensée, pour la fée couturière, Sandrine, qui a justement des doigts de fées, et qui a donné une seconde jeunesse à mon beau short écossais que vous voyez tous les jours ici. Oubliée la déchirure de fatigue. Mon short va pouvoir faire des ronds de jambe au passage d'une prochaine pèlerine!!!


Et moi je vais éviter de claquer des dents, avec ces courants d'air intempestifs.

Revenons aux choses sérieuses,  si tant est, que ce que je vous narrais avait aussi son importance.

Je quitte donc Sorde L'abbaye en longeant L'Adour que je traverse (par le pont) 700 m plus loin et maintenant me voici dans les Pyrénées Atlantiques.

Après être passé entre les champs de Kiwis (Les Kiwis de L'Adour),  je commence à grimper des petits raidillons qui m'emmènent en direction des verts pâturages.


Ainsi donc, je me dirige vers Arancou. Au sommet d'une côte,  surgit à l'horizon la chaîne des Pyrénées,  enveloppée dans la brume matinale, comme si le décalage horaire l'avait perturbée et qu'elle n'ait pas eu le temps de mettre ses habits de couleurs.




Ceci confirme bien les visions que j'ai eu hier, cette majestueuse frontière avec L'Espagne est bien là.

Ça y est, j'arrive bientôt,  et pour moi le moment est fortement chargé d'émotions. J'ai le sourire jusqu'au oreilles et si des personnes étaient passées par ici à ce moment là, elles auraient pu me traiter de "grand benêt ".

Et ma joie se transforme en débordement de sensations, à tel point que des larmes coulent sur mes joues chauffées par le soleil.

Mais je me reprends et avec plus d'énergie encore,  j'atteins Arancou pour déjeuner, puis visiter sa petite église N.D du Chemin du XIIIème siècle avec ses belles pierres dorées.



Une étonnante croix discoïdale avec un personnage sculpté (le Christ ?) est abrité sous son porche en bois.

Puis je reprends la route pour finir l'étape à Bergouey-Viellenave sur Bidouze.


Après ma douche au gîte communal, sur la place du village,  je vais voir sa petite église du XIIIème siècle et son joli pont avec son moulin attenant.




Ensuite fin d'après-midi repos pour récupérer du décalage horaire et du départ très matinal.

Je dois  écrire sur mon blog, mais internet ne passe pas, aussitôt une habitante du village me propose de m'asseoir sur son banc et me donne son accès Wi-Fi.


Aussitôt je me mets au travail, dans le profond silence de ces villages perdus et loin de tout.Rien de plus facile pour trouver l'inspiration, troublée malgré tout, par les éclats de voix de trois enfants qui jouent sur la place du village, ainsi que le claquement  d'une balle sur le mur de la mairie, qui sert de fronton à deux jeunes qui jouent à la pelote basque.

Mais, ici, c'est merveilleux de silence, pas de bruits de voitures, ni d'engins à moteur.

Le soir vient vite, puisqu'à 19h, j'assiste au coucher de soleil sur cette chaîne des Pyrénées.









samedi 25 octobre 2014

Jour J45 - Etape 35

Sa 25.10.2014
☀ 
Dax - Sorde L'abbaye - 25 kms - 5h50.

Sortie de Dax à 8h15 après un bon petit déjeuner.

Le plus dur c'est de sortir de la ville, avant de retrouver la tranquillité.

J'emprunte une départementale avec beaucoup de circulation sur 5 kms avant d'obliquer à droite à St Pandelon et emprunter une route communale goudronnée (qui sera le menu pour la journée).


Tous ces gens, qui s'agglutinent dans leurs voitures pour faire leurs courses, le monde moderne, est étonnant.  Moi, j'ai pris un petit rien hier soir et ça fera l'affaire.

Aujourd'hui, changement de décors. Fini les lignes droites, fini les pins, fini le plat. Je joue à saute-mouton dans la verdure des collines.


Pour me mettre en jambes, je vais avoir très souvent du dénivelé. Mais je suis bien équipé,  j' ai mon moteur à main, ce sont mes bâtons.

Donc je prends la direction de Cagnotte (mais je n'y ai pas trouvé de sous), je parcours les forêts de châtaigniers et de chênes. Aussitôt, j'entends les coups de fusils des chasseurs. Je sens que je ne vais pas terminer ce voyage sans faire le gibier.

Le paysage devient de plus en plus vallonné et l'habitat change. Il a déjà un air de pays basque, mais attention, je ne serais dans les Pyrénées que demain.


Et voilà Cagnotte qui en patois veut dire petite chienne et son  église abbatiale du XIème siècle qui faisait partie des 3 plus grands centres monastiques de la région avec Sorde et Arthous.

Je poursuis pour rejoindre Peyrehorade où je déjeune. je vais admirer le château de Montréal du XVIème siècle avec ses 4 grosses tours qui fait désormais office d'Hôtel de Ville. Il se reflète dans les Gaves réunis de Pau et D'Oloron.



Après une petite sieste à l'ombre de son église je rejoins Sorde L'abbaye,  terme de mon étape,  qui en faisait malgré les indications 29 kms.

Cette église à été construite sur les vestiges d'une villa romaine, ce qui explique ces mosaïques au sol.




Je ne manque pas,  comme son nom l'indique d'admirer l'abbaye St Jean de Sorde, et de faire un petit tour dans le village,




en attendant l'arrivée de mes voisins François et Christine qui résident en ce moment à Hossegor. Ils me font l'honneur d'une invitation et se proposent de faire gîte d'un soir.

J'y retrouve leur fille Sandrine et Grégoire.

Nous faisons un tour près de l' océan avant de rentrer pour dîner.